Dossier santé

Allergie ou intolérance alimentaire ?

Le 25 mars 2016

Allergie ou intolérance alimentaire ?

  • Pot de lait avec cacahuètes et oeufs

Certaines personnes souffrent de divers symptômes lorsqu’elles consomment tel ou tel aliment. S’agit-il d’une allergie alimentaire, d’une intolérance, d’une maladie ou encore d’une pseudo-allergie ? Mieux vaut le savoir, car le traitements ne sont pas le mêmes !

Si les allergies et intolérances alimentaires ne sont pas toujours faciles à diagnostiquer, c’est parce qu’elles peuvent se traduire par une myriade de symptômes différents, du plus bénin au plus sévère. Ainsi, les réactions de type allergique peuvent se traduire par :

  • Des symptômes cutanés : urticaire, rougeurs, démangeaisons, etc.
  • Des gonflements au niveau des lèvres, des paupières, de la langue ou encore de la gorge et du visage (oedème de Quincke). 
  • Des troubles gastro-intestinaux : crampes d’estomac, ballonnements, flatulences, diarrhée, nausées, vomissements, etc.
  • Des éternuements, le nez qui coule ou les muqueuses nasales qui gonflent, des difficultés à respirer, des crises d’asthme, etc.
  • Ou encore des maux de tête, des palpitations, des chutes de tension, etc.

Les allergies alimentaires

Les allergies alimentaires sont plutôt fréquentes durant l’enfance : entre 5 et 8% des enfants, particulièrement en bas âge, sont concernés, sans doute parce que leur système immunitaire n’est pas encore mature. Le lait de vache et les oeufs de poule sont souvent en cause. Dans un premier temps, les enfants allergiques doivent éviter l’aliment en question. Toutefois, dans la majorité des cas, ils développent en grandissant une tolérance immunitaire vis-à-vis de l’allergène… et l’allergie disparaît. Chez 4% des adultes, ce sont plutôt les noix, noisettes, cacahuètes, pommes, kiwis, bananes, pêches, céleris, poissons, crustacés et soja qui posent problème. Ces allergies sont souvent associées à un rhume des foins ou une autre allergie respiratoire (acariens, poils d’animaux, latex, etc.). Ce sont les allergies croisées, dues aux ressemblances qui existent entre les structures moléculaires de certains allergènes. Exemple : une personne peut être allergique au pollen de bouleau et aux pommes et aux noix !

 

 

Le cas du gluten

Le gluten, un mélange de protéines que l’on trouve dans certaines céréales (blé, seigle, orge, etc.), est un cas un peu particulier. Bien que l’on parle souvent d’intolérance au gluten, il s’agit plutôt d’un mécanisme allergique (voir plus bas). En effet, la réaction immunitaire crée une inflammation qui endommage la paroi intestinale, et plus particulièrement les villosités (petites structures en forme de vagues, qui constituent les replis de l'intestin). C’est la maladie coeliaque qui toucherait jusqu’à 1% de la population. A terme et en l’absence de traitement, cette maladie chronique peut entraîner une malnutrition, malgré une alimentation normale, de la fatigue, une dépression, des douleurs articulaires et/ou une série de complications sérieuses (parmi ces complications de la maladie coeliaque, citons l'intolérance au lactose, l'anémie, l'ostéoporose, des calculs rénaux...). La maladie coeliaque ne se guérit pas, mais heureusement, les personnes atteintes peuvent retrouver une bonne santé en éliminant totalement le gluten de leur alimentation.

Vous soupçonnez une intolérance alimentaire ? Consultez un allergologue.

 

 

Vers le haut

Les intolérances : lactose et histamine

L'intolérance au lactose :

Elle est plus ou moins fréquente selon les régions du globe : entre 2 et 10% dans le nord de l’Europe, 25% dans les pays méditerranéens et jusqu’à 90% dans certaines régions d’Asie ! Le lactose est une sorte de sucre que l’on trouve dans le lait des mammifères (vache, chèvre, etc.) et leurs produits dérivés : fromages, yaourts, crèmes, etc. Pour bien le digérer, notre corps a besoin de lactase, une enzyme présente dans l’intestin grêle. Quand elle vient à manquer, le lactose n’est pas digéré, ou insuffisamment, et des symptômes gastro-intestinaux apparaissent dans les heures suivants la consommation du produit.

 

Quant à l'histamine :

il s’agit d’une substance qui intervient dans les réactions immunitaires allergiques. Elle est naturellement présente dans l’organisme, mais aussi dans l’alimentation. Si certains aliments (vin rouge, fromages affinés, choucroute, chocolat, etc.) en contiennent beaucoup, d’autres libèrent l’histamine présente dans certaines cellules de notre corps. A l’instar du lactose et de la lactase, l’histamine « alimentaire » est éliminée dans notre intestin par une enzyme, la diamine oxydase (DAO) et par le foie. Mais chez environ 1% de la population, cette élimination est insuffisante. Le corps fait alors une sorte d’ « overdose » d’histamine. Ce qui peut se traduire par toute une série de symptômes pseudo-allergiques.

 

 

Diagnostiquer et gérer une intolérance

Les intolérances au lactose et à l’histamine n’étant pas des allergies à proprement parler, les tests cutanés et sanguins ne les détectent pas. Le seul moyen de les diagnostiquer est de les bannir totalement de son alimentation pendant 3 semaines (Les intolérances peuvent aussi être détectées grâce à des tests respiratoires chez un allergologue). Si les symptômes disparaissent, la cause est entendue : vous souffrez probablement d’une intolérance.

 

Contrairement à la maladie coeliaque, il n’est pas nécessaire de suivre un régime excluant totalement les aliments riches en lactose (Les produits laitiers sont la principale source de calcium. Or le calcium est indispensable pour avoir de bons os et prévenir l'ostéoporose) ou en histamine. En effet, il existe chez chaque individu concerné une « dose seuil » sous laquelle les symptômes ne se manifestent pas. En réintroduisant progressivement les aliments en cause et en étant attentif aux réactions de votre corps, vous pouvez déterminer votre seuil de tolérance. De plus, pour aider votre système digestif, vous pouvez recourir à des comprimés de lactase ou de DAO (compléments enzymatiques) avant les repas. Notons également que les intolérances au lactose et à l’histamine peuvent être passagères, comme après une grippe, par exemple.

  • Femme se grattant une rougeur sur son dos

Les pseudos allergies :
Les pseudo-allergies désignent des réactions d’intolérance non définies, ressenties par certaines personnes lorsqu’elles consomment des additifs. Il s’agit de substances utilisées dans l’industrie agroalimentaire pour améliorer l’aspect, le goût ou encore la durée de conservation de certains produits : les colorants, les conservateurs, les exhausteurs de goûts, etc. Les additifs sont indiqués sur les emballages par un code commençant par E (exemples : E123, E200, E621, etc.).

Vers le haut

Qui consulter ?

Si vous pensez que vous ou votre enfant souffrez d’une allergie ou d’une intolérance, avant de vous lancer dans un régime draconien et de scruter les listes d’ingrédients sur les étiquettes quand vous faites vos courses, consultez un allergologue ! Lui seul pourra établir avec certitude à quel(s) aliment(s) ou substance(s) vous êtes allergique ou intolérant, et vous prescrire les bons traitements. N’hésitez pas non plus à faire appel à une diététicienne. Elle vous aidera à mettre en place un régime alimentaire sûr et le moins frustrant possible.

 

Allergie ou intolérance ?
L'allergie et l'intolérance sont deux mécanismes différents :

  • Une allergie est une réaction immunitaire du corps vis-à-vis d’un allergène, impliquant des anticorps (type IgE). En d’autres termes, le système immunitaire des allergiques réagit contre des substances habituellement inoffensives.
  • Une intolérance peut provoquer les mêmes symptômes qu’une allergie, mais elle est due à autre chose, par exemple à une maladie gastro-intestinale ou une insuffisance enzymatique.

Vers le haut