Dossier santé

Petites piqûres, grands risques : les tiques et l’humain

Chaque année, avec le retour des beaux jours, les tiques refont leur apparition dans nos jardins, forêts et espaces verts. Souvent discrètes et quasiment indétectables, ces petits parasites peuvent pourtant transmettre des maladies parfois graves chez l’être humain, comme la maladie de Lyme. Une simple balade en nature peut ainsi exposer à un risque insoupçonné.

La maladie de Lyme

La maladie de Lyme, aussi appelée borréliose de Lyme, est l’infection la plus courante transmise par la piqûre d’une tique infectée par la bactérie Borrelia burgdorferi. Cette bactérie est présente dans les glandes salivaires de la tique et peut être transmise à l’être humain lorsque celle-ci se fixe sur la peau pour se nourrir de sang.
La transmission nécessite généralement un certain temps de fixation (souvent plus de 24 heures), ce qui permet d’agir efficacement si la tique est retirée rapidement.
En Belgique, l’incidence est la plus élevée entre juin et octobre, surtout dans les régions où il y a beaucoup de forêts.
Un stade particulier de la tique, appelé nymphe, représente un risque important car : très petite (parfois de la taille d’une tête d’épingle) difficile à détecter et parfois confondue avec un grain de beauté. Cela explique pourquoi certaines piqûres passent inaperçues.

Les différentes phases de la maladie

La borréliose de Lyme évolue généralement en trois phases si elle n’est pas traitée :

1. Phase primaire dite précoce
C’est le stade le plus fréquent. C’est sur cette phase qu’il faut agir pour éviter les complications. Elle se manifeste par une plaque rouge indolore autour de la piqûre qui s’étend progressivement et atteint généralement plus de 5 cm de diamètre.
› Cette lésion typique est appelée érythème migrant (mais attention n’est présente que dans environ 80 % des cas).

2. Phase secondaire  
Elle apparaît quelques semaines après la piqûre si la maladie n’a pas été traitée. Les symptômes peuvent varier : apparition de plusieurs érythèmes migrants, troubles neurologiques (douleurs, paralysie faciale…) , plus rarement : atteintes articulaires, cardiaques, cutanées ou oculaires.

3. Phase tertiaire dite tardive
Il s’agit d’une phase correspondante à une évolution chronique. Elle peut entraîner : des douleurs articulaires persistantes, des atteintes neurologiques et des problèmes cutanés. Même si la maladie de Lyme n’est généralement pas mortelle, elle peut entraîner des complications durables et handicapantes en l’absence de traitement. D’où l’importance d’un diagnostic et d’une prise en charge précoces.

Prévenir les piqûres : les bons réflexes

La meilleure prévention consiste à éviter les piqûres de tique. Quelques gestes simples permettent de limiter fortement les risques :

  • Portez des vêtements couvrants
  • Rentrez votre pantalon dans les chaussettes
  • Privilégiez des couleurs claires pour voir les tiques plus facilement
  • Restez au centre des sentiers
  • Inspectez soigneusement votre corps après chaque sortie (plis, cuir chevelu…)
  • Une douche après la promenade peut aider à éliminer les tiques non fixées.

Que faire en cas de tique fixée ?

✅ Utilisez un tire-tique, de préférence ceux style «pieds de biche» qui n’écrase pas la tique
✅  Attrapez la tique au plus près de la peau et tourner dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Ensuite tirez doucement et régulièrement. La tique doit se détacher toute seule.
✅ Vérifier qu’il ne reste plus rien sur la peau

❎ N’utilisez ni éther, ni alcool, ni huile avant le retrait.
❎  Ne brûlez pas la tique et ne l’écrasez pas

Après une piqûre de tique, il est important d’adopter les bons réflexes : commencez par désinfecter soigneusement la zone concernée, puis notez la date de la piqûre afin de pouvoir suivre son évolution. Surveillez ensuite l’aspect de votre peau pendant les 30 jours suivants, notamment l’apparition de rougeurs ou d’un anneau autour de la morsure.
Enfin, vous pouvez également signaler votre morsure de tique sur le site Sciencesano via la plateforme TiquesNet afin de contribuer au suivi et à la prévention.

 

Connaître la maladie permet de mieux s’en protéger et d’adopter les bons gestes lors de vos activités en nature. Il est essentiel de retirer rapidement toute tique en cas de piqûre afin de limiter les risques d’infection, et de consulter un professionnel de santé en cas de doute ou d’apparition de symptômes.